16.

 

Anne arriva au club à minuit trois. Au bar, elle reconnut divers visages qui avaient le regard ailleurs, peut-être tourné vers le mur dans l’autre pièce. On voyait celui-ci de l’une des extrémités du comptoir.

La musique emplissait l’espace, un peu à la manière d’une toux ou de quelque chose de désagréable qui vous montait à la gorge, lui sembla-t-il. Pas le genre qu’on pouvait écouter avec plaisir, rejeté en arrière sur son siège, mais ce n’était pas ce que souhaitaient ceux qui étaient assis là.

Leurs visages étaient blancs, verts et violets, en fonction de la lumière des lampes suspendues au plafond.

Il sortit du bureau situé derrière le bar. Le Bureau. Ha ha. Disons plutôt : un placard au fond d’un autre placard.

— On se demandait où tu étais passée, dit-il.

— Me voilà.

— Tu n’es pas décidée à laisser tomber, hein ?

— Si.

— Sûr ?

— Bah.

Elle attendit un moment pour le formuler, et se décida.

— Pourquoi ne dis-tu rien, à propos d’Angelika ?

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Tu n’as pas dit un seul mot sur elle depuis que… c’est arrivé.

— Qu’est-ce que tu veux que je dise ?

— Ce serait naturel, non ?

— Y en a d’autres, qui causent.

— Cet endroit t’appartient, non ?

— Où est-ce que tu veux en venir, au juste, Anne ?

— Tu ne saisis pas ?

— Je ne suis pas du genre à bavarder.

— Oh non.

— Mais si tu veux parler, toi, je t’écoute.

— Bah.

— Tu comprends bien que je n’ai rien à voir là-dedans, n’est-ce pas ?

— Dans ce cas, je ne serais pas là en ce moment. Si je l’avais pensé.

— Ça ne veut pas dire que ça me laisse indifférent.

— Tu es triste ?

— Triste. Naturellement. Elle était des nôtres.

— Des nôtres ?

— C’est à toi d’y aller, maintenant.

Elle vit que la porte sur le côté de la scène était ouverte. La scène, oui, bien sûr. Il lui adressa un signe de tête dans cette direction. Elle se retourna et nota que l’un des visages, au bar, semblait être tourné vers elle.

— Oh non, pas lui, encore une fois.

— Quelle importance ?

— Tu n’as que tes habitués, ou comment dire, en tête, hein ?

— Ça fait longtemps qu’il vient.

— Tu ne sais pas l’effet que ça fait. Ce n’est pas toi qui te produis.

— Tu sais bien que tu n’as pas à avoir peur.

— Facile à dire pour toi. Mais ce n’est pas ça.

— Qu’est-ce que c’est, alors ?

— Je ne peux pas t’expliquer.

— Tu n’as qu’à fermer les yeux.

Peut-être eut-il un petit rire, avant de se diriger vers la porte. Le visage parut se rapprocher lentement depuis le bar où il se trouvait, gros, blanc, écœurant. Elle eut le temps de se réfugier dans la loge avant qu’il ne soit trop près. Elle se prépara, passa dans la cage, ferma les yeux et se mit à bouger au rythme de la musique du haut-parleur. L’air avait changé. Je te veux dans la pénombre, ce soir.

Le groupe était en train de prendre le café. Il pleuvait à nouveau. Ringmar avait fermé la fenêtre mais, au bout de cinq minutes, la chaleur fut étouffante. Il alla donc l’ouvrir à nouveau et il ne tarda pas à se former une petite mare sur le sol, en dessous. Winter sentit un léger souffle de vent. C’était délicieux. Il se mit à mâcher un morceau de chewing-gum à la nicotine qui avait un goût affreux. Au bout d’un moment, il le retira de sa bouche et le jeta dans la corbeille à papier. Les maux de tête avaient commencé à se faire sentir une demi-heure après le petit déjeuner, comme l’avait prédit Angela.

— Combien de temps est-ce que je vais tenir à ce régime ? avait-il demandé pendant qu’ils prenaient le café, elle et lui.

— Jusqu’à ce que le diable ait été chassé de ton corps.

— Ça fait longtemps qu’il y est.

— Tu y arriveras, Erik.

— Il existe d’autres marques.

— C’est l’occasion. La Providence a fini par t’accorder une chance.

— Dis plutôt : le distributeur de tabac.

Il tenta de renouveler l’opération chewing-gum mais dut y renoncer à nouveau. Les photos circulaient parmi le groupe. Une nouvelle enquête et donc une nouvelle série de photos qui circulait parmi eux. Des images de cadavres, de parties de corps. Des enfants. Des dessins d’enfants. Des maisons. Des voitures. Des arbres. Des rochers. La mer. Des bosquets. D’autres cadavres. Des visages morts : enflés, déchiquetés par des balles ou par des coups. Année après année. Cela ne s’arrêtait jamais.

Des murs en brique. Des réussites scolaires qu’on fêtait. Des visages vivants mais qui, quelques semaines plus tard, seraient morts. Ils avaient la solution de l’énigme entre les mains, en quelque sorte, et pourtant non, car c’était une solution qui ne comportait pas les réponses. Ceci est arrivé, certes, mais on ne sait ni pourquoi ni quand ni comment ni par la faute de qui…

— Un club clandestin, dit Halders.

De retour, trois jours après l’enterrement, il paraissait plus mince, plus fragile. Plus de propos en l’air, plus de plaisanteries douteuses. Quelqu’un d’autre. Plus de prise de bec avec Aneta, assise à quelques chaises de là. Winter se demanda si cela lui manquait, à elle. Peut-être finiraient-ils par constater que le vieux Halders leur manquait. Une chose certaine, en tout cas : ils ne le reverraient pas.

— Ça sent le club clandestin à plein nez, dit-il en regardant la photo qui était maintenant projetée sur l’écran. Möllerström avait baissé le store et mis le projecteur en marche. D’abord Beatrice. Puis Angelika. Le même mur.

— Il faut qu’on vérifie tout, dit Halders.

— Il y a des gens dont c’est le boulot, dit Ringmar, Inspecter les restaurants et les bars. Les autorités sanitaires et les pompiers, entre autres, il me semble.

— Oui, dit Winter. Je t’en charge. Et auprès des collègues de l’ordre public.

— Naturellement.

— Reviens-nous avec le nom de cet endroit.

— Je vais le trouver.

— Les clubs clandestins, c’est comme la mauvaise herbe, dit Halders. On en arrache une et il en repousse deux.

— Pas celui-là, dit Winter. À supposer que ce soit un club clandestin. Cette photo a été prise il y a au moins cinq ans, dit-il en se tournant vers la photo, sur laquelle on voyait Beatrice avec le mur derrière elle. On dirait que c’est le même endroit.

— Le même mur, rectifia Halders. Mais ce n’est pas encore établi. Il peut s’agir d’un autre, hein ? dit-il en se retournant. Ils ont pu déplacer le mur, emporter les briques et le reconstruire dans un autre local. Pas vrai ?

Bergenhem haussa les épaules.

— De nos jours, celui qui tient ce genre d’endroit est prêt à tout, poursuivit Halders.

— Je le trouverai, ce mur, dit Bergenhem en se tournant vers Halders.

Ils étaient maintenant dans le bureau de Winter. Celui-ci faisait les cent pas entre la fenêtre et le bureau. Ringmar, lui, ne bougeait pas, sur sa chaise.

— Tu m’as l’air bien nerveux, dit-il.

— Tu vois des cigarillos, dans cette pièce ?

— Non.

— Eh bien, tu as la réponse.

— Essaie les patchs.

Winter souleva sa chemise et montra son ventre.

— Le chewing-gum, alors.

Winter ouvrit la bouche.

— L’exercice.

— Pas le temps.

— Le boulot.

— Oui, dit-il en s’asseyant. Qui tenait l’appareil photo ?

— Tu crois que c’est la même personne dans les deux cas ?

— Non, on n’aurait pas une chance pareille.

— C’est sans doute celui de Beatrice. Les photos ont dû être prises avec ?

— Il faut voir ça avec nos experts en photographie. Est-ce qu’on peut déterminer de quel appareil il s’agit ?

— C’est difficile.

— Et ensuite ?

— Qui le tenait, dit Ringmar.

— Pour ça, il faut qu’on trouve l’endroit.

— Des gens gagnent leur vie à tirer le portrait des autres.

— Les paparazzi.

— Peut-être pas tout à fait dans le cas présent. Mais il peut s’agir de quelqu’un qui s’est fait payer pour les prendre en photo.

— Ou alors elles se sont photographiées mutuellement, suggéra Winter.

— Tout le monde pense qu’elles ne se connaissaient pas.

— Ce n’est pourtant pas exclu.

Il avait montré la photo de Beatrice à Cecilia, l’amie d’Angelika. Mais elle ne l’avait pas reconnue et affirmait ne l’avoir jamais vue.

— J’ai beau ne pas être expert en la matière, ces photos m’ont tout l’air d’avoir été prises par un amateur, dit Ringmar.

Ils se regardèrent. Ils savaient tous deux qu’il n’y avait pas d’appareil photo chez Angelika. Elle en possédait un, qu’ils l’avaient pas retrouvé. Ils ne savaient pas non plus quel laboratoire avait tiré ses clichés.

Celui de Beatrice, en revanche, était toujours chez ses parents. Il était probable qu’il avait servi à prendre les photos qu’ils y avaient trouvées. Ils détenaient à la fois les négatifs et l’appareil.

Qui avait pris Beatrice ? Qui tenait l’appareil ? Qui avait pris Angelika ? Qui tenait l’appareil ? Et quel appareil était-ce ?

*

Halders et Aneta Djanali allèrent de nouveau rendre visite aux Bielke. Bien que manifestement agacé, le père les laissa entrer. Jeanette descendit l’escalier et sortit dans le jardin. Halders était en bras de chemise. Aneta, elle, portait un mince corsage. Jeanette avait l’air d’avoir froid.

Elle examina le mur, sur les photos qu’Aneta lui avait remises. D’abord celui derrière Angelika, puis le même derrière Beatrice.

— Je reconnais cette Noire, dit-elle, mais il est vrai que sa photo a été dans le journal. Elle y est d’ailleurs encore, car des articles paraissent toujours sur cette affaire.

Halders acquiesça.

— Pourquoi venez-vous me montrer tout ça ?

— Parce que vous pouvez peut-être nous aider à trouver ce club, ou je ne sais quoi, où elles sont. Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines, vous savez, ajouta-t-il en reprenant les clichés.

— Ah bon. Je croyais que vous aviez tout sur les clubs et les boîtes ?

— On ne connaît pas celui-ci. Malgré nos recherches, nous ne l’avons pas encore trouvé.

— Keep looking, dit-elle.

— Il est très particulier, ce mur.

— Je ne l’ai jamais vu.

— Êtes-vous déjà allée dans un club clandestin, Jeanette ?

— Un quoi ? demanda-t-elle à Aneta Djanali, qui lui avait posé cette question. Qu’est-ce que vous avez dit ?

— Un club clandestin. Il y en a plusieurs dans cette ville. Êtes-vous jamais allée dans l’un d’eux ?

— Non.

— Mais vous avez entendu parler de ce genre d’endroit ?

— Oui.

— Par qui ?

— Comment ça ?

— Comment en avez-vous entendu parler ?

— Dans les journaux, par exemple. Ils mentionnent ce genre de choses.

— Connaissez-vous quelqu’un qui y soit allé ?

— Non.

— Et quelqu’un qui vous en ait parlé ?

— Non.

— Vous en avez donc seulement connaissance par ce qui en a été dit dans la presse ?

— Oui.

— Vous pouvez me citer des noms ? demanda Halders.

— Comment pourrais-je le faire, puisque je n’y suis jamais allée ?

— Le soir où vous avez été attaquée, vous n’étiez pas dans un endroit de ce genre ?

— Qu’est-ce que c’est que ça ? explosa Jeanette. Vous allez continuer encore longtemps ?

— Je vais être honnête avec vous, dit Halders en la regardant avec toute la gravité dont il était capable. Et mettre les points sur les i. Quand on a connu quelque chose comme ce que vous venez de vivre… il n’est pas rare qu’on ait peur de ne pas se présenter sous un jour très favorable. Après ce qui s’est passé. Certaines personnes ne veulent pas dire qu’elles ont bu. Ou qu’elles sont allées avec quelqu’un qu’elles n’auraient pas dû accompagner. Ou aller dans un endroit qu’elles n’auraient pas dû fréquenter.

— Comme dans un club clandestin.

— Ce n’est pas mon cas. Je n’y suis jamais allée.

Jeanette regarda un moineau qui sautillait sur la pelouse. Soudain, il parut s’embraser sous les rayons du soleil. Il prit son envol et disparut.

— Où est-ce qu’il est, ce bon Dieu de gamin ? lança Ringmar.

— Ou son paternel, compléta Winter. Si c’est lui qui est sur cette photo.

— On aurait dû nous contacter, maintenant que l’appel à témoin a été lancé dans tout le pays, reprit Halders en regardant Winter. Nous avons déjà eu un cas où personne n’a voulu se manifester à propos d’un… visage. Je n’aimerais pas renouveler l’expérience.

Anne effectua son travail au son de la musique, puis regagna le vestiaire. En ressortant, elle vit à nouveau le visage, là-bas, au bar. Il la dévisageait avec des yeux qu’elle ne pouvait ni ne voulait voir, car ils avaient quelque chose de dément.

Quand elle se retrouva dehors, la lumière était déjà revenue et, dans le ciel, des nuages en forme de doigt pointaient tous dans la direction où elle allait. Elle descendit l’escalier, qui sentait aussi mauvais qu’auparavant. Il n’y avait pas beaucoup de monde, dans la rue, en bas. La lueur des réverbères se mêlait à celle de la nuit.

En traversant la rue, elle se retourna et vit l’homme au visage descendre l’escalier. Elle pressa le pas et se retourna à nouveau. Il n’était plus là.

À ce moment, son portable sonna, dans son sac.

— Où es-tu ?

— Je m’en vais. C’était la dernière fois.

Je voudrais que cela ne finisse jamais
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